Herman BRAUN-VEGA
Artiste peintre (1933-2019)
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1981 Le Matin de Paris

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Les portraits d'Herman Braun

Histoires de peintres chez Lucien Durand

Par Maïten BOUISSET, Le Matin de Paris, 12 février 1981

Braun-Vega - Velickovic
Le portrait du peintre Velickovic par Herman Braun.
Le "sujet" est intervenu dans le tableau en traçant la ligne verticale blanche

Depuis plus de dix ans, le sujet privilégié de l'œuvre d'Herman Braun est la peinture. Curieusement, un peintre s'exprime à travers les autres en analysant systématiquement - conceptuellement serait plus juste - les travaux de ceux qu'il considère comme importants dans l'évolution de l'histoire de l'art, que ce soit celle d'hier ou celle de demain.

Ainsi on a pu voir successivement, la mise à nu des Ménines de Vélasquez, une série intitulée l'Amour de l'art qui mettait en évidence l'influence d'Edouard Manet sur Picasso, ou encore l'Enlèvement des sabines par Poussin confronté aux événements sociaux et politiques actuels. Aujourd'hui, les grands tableaux sur bois d'Herman Braun sont consacrés à des peintres vivants. Et si l'on s'en tient à la seule définition de l'art du portrait qui consiste à cerner au plus près l'expression d'une physionomie ou la justesse d'une attitude, on peut saluer la virtuosité du peintre. Elle est étonnante, remarquable.

Les choses ne sont cependant pas si simples, et l'on pourrait même dire que l'intérêt de cette série est tout autre. Car ce n'est pas la figure de ses modèles qui a intéressé Herman Braun mais bien plutôt l'analyse d'un certain type de peinture. Ainsi, Péruvien d'origine, il rend un bel hommage à Wifredo Lam représenté devant La Jungle, cette superbe déclaration d'indépendance culturelle du continent latino-américain. Artiste figuratif, il a choisi des peintres qui, comme lui, tout en se démarquant du pop'art et de l'hyperréalisme américain, font de la réalité contemporaine, le centre de leur propos. Gilles Aillaud, Eduardo Arroyo, Erro et Vladimir Velickovic sont de ceux-là. Bien plus, il a demandé à chacun d'eux de participer à l'élaboration du tableau. Arroyo a minutieusement mis en place la nature morte devant laquelle il pose. On y retrouve les temps forts de sa vie comme de son œuvre, et Vladimir Velickovic a tracé la ligne de tension de l'un de ses tableaux devant lequel il semble ne faire que passer.

Un peintre met en code la peinture du temps qui le concerne, et en se livrant à l'analyse minutieuse de ses motivations fait œuvre personnelle. Le jeu est passionnant.

Galerie Lucien Durand, 19, rue Mazarine. Jusqu'au 21 février.

Auteur
Maïten BOUISSET
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